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Révoltes

Dimanche 13 novembre 2005

Appel solennel aux fonctionnaires intègres et démocrates et tout particulièrement aux magistrats, policiers et militaires, ainsi qu'aux populations juive et musulmane des banlieues parisiennes.

Communiqué de Politique de Vie à l'attention des parlementaires français, des électeurs et de la presse étrangère.


M. Nicolas Sarkozy, actuel ministre de l'intérieur français, prépare à ce jour un coup d'État militaro-policier, avec la complicité passive et contrainte de Messieurs Chirac et De Villepin.

Cette tentative de haute trahison de la souveraineté nationale et d'atteinte majeure à la sûreté de l'État et à la sécurité du peuple français vise à satisfaire les intérêts de deux puissances étrangères, à savoir les États-Unis et Israël, dont les gouvernements sont actuellement en situation de plus en plus difficiles face à leurs propres populations.

Les actes récents de M. Sarkozy relèvent de l'intelligence avec une puissance étrangère et méritent une arrestation immédiate par les forces de l'ordre capables de rester fidèles aux principes fondamentaux de la démocratie et de l'État Français.

L'objectif du processus séditieux actuellement mis en oeuvre par M. Nicolas Sarkozy et ses "conseillers" est d'entraîner l'État Français à entrer en guerre aux côtés des États-Unis et du gouvernement sioniste de l'État d'Israël contre la Syrie et le Liban, puis l'Arabie Saoudite et l'Iran. Ce processus fait suite aux attentats de New York mis en oeuvre en septembre 2001 par des éléments séditieux de l'armée et du gouvernement américain, ainsi qu'aux attentats de Madrid et de Londres, qui, tous, obéissent aux mêmes buts : terroriser les populations en désignant le monde arabo-musulman comme bouc-émissaire et ce, aux fins d'instaurer lois liberticides et gouvernements totalitaires en lieu et place des démocraties occidentales.

Le millier de voitures mises à feu depuis 8 jours, les attentats contre des usines, magasins, bus, entrepôts etc. sont mis en oeuvre par une organisation très efficace qui utilise des hommes de main dont certains sont directement membres de services de l'État Français, et repose sur des militants activistes du sionisme le plus violent et anti-sémite.

Les musulmans ne sont en aucune façon responsables de ces actes de violence, même si quelques jeunes naïfs se lassent prendre au piège des manipulations de l'organisation très structurée et performante qui met en oeuvre ces violences.

Cette nuit du 4 au 5 novembre, vers 23 heures, 122 incendies de voiture étaient déjà dénombrés, essentiellement en région parisienne. Il est étrange qu'au bout de 9 nuits d'émeutes, il n'y ait toujours aucune arrestation significative des auteurs. Que fait donc la police, à part provoquer les musulmans en prière et arrêter quelques jeunes qui regardent trop la télévision ?

Ces violences, à ce jour uniques en Europe, ne sont pas le fait d'une stratégie islamiste ou d'une génération spontanée de révoltes individuelles de jeunes mal dans leur peau, mais bien le résultat d'une stratégie élaborée et très déterminée des forces sionistes, particulièrement puissantes en France, un des rares pays qui forme, protège et soutient des groupes politiques activistes interdits en Israël même.

Le problème actuel des « banlieues » est d'abord et avant tout un problème de politique étrangère : la France est toujours en guerre avec le peuple algérien depuis 50 ans, les nostalgiques rêvent toujours de « casser du bougnoule » et le bushisme en perdition a un besoin vital de justifier ses guerres ignobles qui massacrent et spolient les peuples arabo-musulmans.

Ce jour, 4 novembre, notre ami Smaïn Bedrouni, avec qui je travaille très régulièrement, a reçu des menaces de mort particulièrement violentes suite à l'article que nous avons publié le 2 novembre sur la base de ses investigations. Le lien entre les deux faits est évident et incontestable. Ces menaces ne l'empêcheront évidemment pas de révéler les tenants et les aboutissants de l'affaire dite "November 1950", bien connue des plus hautes autorités de l'État et de nombre de parlementaires. "November 1950" est l'équivalent des réseaux Gladio mis en place par "la structure" atlantiste pro-sioniste en Europe.

Nous demandons solennellement à la population musulmane et plus largement à tous les jeunes de région parisienne de mettre tout en oeuvre, sans violence mais avec force et détermination, pour empêcher la poursuite des exactions actuellement en cours et, notamment, en organisant une surveillance étroite des territoires à risques.

Nous demandons aux populations juives et musulmanes de s'allier le plus étroitement possible pour faire face à cette montée des violences qui nuisent lourdement à ces deux communautés et d'identifier et dénoncer publiquement et médiatiquement le plus rapidement possible les activistes sionistes, indignes du peuple juif, qui mettent actuellement en oeuvre les violences que l'on connaît.

Nous leur demandons de photographier ou filmer avec leurs téléphones portables les mercenaires sionistes en action et de relever et photographier les plaques d'immatriculation des véhicules banalisés de la police utilisés dans les départements 77, 78, 91, 92, 93, 94 et 95, avec indications des lieux et heures. Nous recueillons toutes les témoignages possibles pouvant servir à identifier les terroristes qui utilisent les moyens de l'État. Merci de nous contacter par e-mail : urgence@lvo.info

Nous demandons solennellement aux policiers et militaires intègres de se mobiliser pour identifier et dénoncer publiquement et médiatiquement ceux des leurs qui participent à ces violences en les mettant en oeuvre ou en protégeant leurs auteurs.

Nous demandons enfin aux magistrats démocrates et intègres de considérer ce texte comme une dénonciation adressée publiquement à la justice et de mettre en oeuvre immédiatement les procédures utiles à la manifestation de la vérité, notamment en faisant entendre M. Nicolas Sarkozy, tout particulièrement sur l'adoubement reçu par lui auprès des organisations sionistes new-yorkaises et par M. Sharon lui-même.

Nous faisons enfin savoir très clairement à M. Nicolas Sarkozy, dont nous savons qu'il lit attentivement nos textes, qu'il a perdu. Pour une raison simple : il n'a pas les nerfs assez solides pour mener à bien son entreprise de prise de pouvoir totalitaire sur la France. Ni la puissance perverse suffisante.

Médiocre, petit Nicolas, ton plan, médiocre. Tu as juste oublié que tu étais très étroitement surveillé. Je crois que tu commences à comprendre que nous sommes pour toi de bon conseil : démissionne avant d'être obligé de prendre la fuite.

Auteur du texte et source :

Par Gerald
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Dimanche 13 novembre 2005

Projet de loi contre le terrorisme de Nicolas Sarkozy

Un état numérique policier sans précédent en occident


La Ligue Odebi dénonce avec la plus extrême fermeté le projet de loi contre le terrorisme de Nicolas Sarkozy instaurant un état numérique policier sans précédent en occident.

La Ligue Odebi vient de prendre connaissance du projet de Loi contre le terrorisme (LCT)[1] présenté par Nicolas Sarkozy et déposé le 26 octobre dernier à l'assemblée nationale, après avoir été examiné par la CNIL[2] et le Conseil d'état, mais pas par le Conseil consultatif de l'internet. Les mesures concernant les internautes français occupant une place importante dans la LCT, en particulier son article 4 qui assimilerait les cybercafés à des FAI et leur imposerait de fait des contrôles d'identité, et l'article 5 qui donnerait le droit aux services de police d'accèder aux données de connexion internet des français en dehors de tout contrôle de la justice.

La question qui se pose aujourd'hui aux français est la suivante : Jusqu'où une démocratie peut-elle aller dans la lutte contre le terrorisme ? Cette question nécessite un débat démocratique serein qui ne peut pas être raisonnablement qualifié de "polémique stérile", et qui aurait déjà dû avoir lieu en France il y a un demi-siècle.[3]

En déclarant l'urgence de la LCT, le gouvernement tronque un débat démocratique d'importance majeure, comme il l'avait fait pour la loi pour la sécurité intérieure (LPSI)[4], initiée par Nicolas Sarkozy en octobre 2002 et promulguée le 18 mars 2003.

Concernant l'accès aux données de connexions internet, la Ligue se demande comment cette déclaration d'urgence peut être crédible, dans la mesure où le décret d'application devant déterminer les catégories de données devant être conservées et leur durée de conservation (article 29 de la loi relative à la sécurité quotidienne (LSQ)[5]) n'a -à ce jour- toujours pas été publié[6] : La LSQ a pourtant été promulguée le 15 novembre 2001.....

L'article 5 de la LCT porte gravement atteinte aux libertés publiques, et en particulier au droit au respect de la vie privée en accordant le droit aux agents de police judiciaire d'accéder aux enregistrements des données de connexion des internautes : Nicolas Sarkozy prétend garantir ces libertés en faisant centraliser les demandes d'accès aux données par une entité policière placée sous l'autorité du Directeur Général de la Police Nationale et qui coordonne les RG, la DST et la DGSE, et en faisant valider ces demandes par une personnalité désignée par le ministre de l'intérieur, et placée auprès du ministre de l'intérieur.....

Cette disposition paraphrène qui ignore le rôle l'autorité judiciaire, gardienne des libertés individuelles, comme le prévoit l'article 66 de la constitution[7], mènerait à l'instauration d'un état numérique policier : en sapant ainsi les fondements de notre société démocratique, Nicolas Sarkozy tombe dans le piège conceptualisé de longue date par les milieux terroristes, alors même qu'il ne peut ignorer que la protection des droits fondamentaux est l'un des enjeux majeurs de la construction du contre terrorisme européen.

S'agissant du contexte législatif européen dans lequel s'inscrit le projet de loi de Nicolas Sarkozy, il est utile de rappeler que :

  • Depuis le 28 avril 2004, la France,le Royaume Uni, l'Irlande, et la Suède essaient de faire adopter par le conseil une décision cadre -donc sans consulter le parlement européen- visant à la conservation des données de connexion des internautes "aux fins de la prévention, la recherche, la détection, la poursuite de délits et d'infractions pénales, y compris du terrorisme".[8]
  • Le 9 novembre 2004 le groupe Article 29 ("CNIL" européenne) juge que ce projet de décision cadre n'est pas conforme à l'article 8 de la convention européenne des Droits de l'Homme.[9]
  • Le 31 mai 2005 la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures publie le rapport d'Alexander Nuno Alvaro qui "rejette l'initiative de la République française, de l'Irlande, du Royaume de Suède et du Royaume-Uni", jugeant, tout comme la commission des affaires juridiques du Parlement européen, que la base juridique choisie par le Conseil n'est pas conforme à la législation européenne.[10]
  • Lors de ses débats du 7 juin 2005, le Parlement européen rejette le projet de décision cadre de ces quatre Etats membres.[11]
  • De son côté, le Conseil JAI examine une nouvelle version du projet de décision cadre lors de ses réunions du 2 et 3 juin 2005.[12]
  • Le 13 juillet 2005, le Conseil, présidé par Charles Clarke, et où la France est représentée par Nicolas Sarkozy et Pascal Clément, déclare qu'il "adoptera les décisions-cadres concernant la conservation des données de télécommunications (octobre 2005)."[13]
  • Le 21 septembre 2005, la Commission européenne propose une directive sur la conservation de données traitées dans le cadre de la fourniture de services de communications électroniques accessibles au public.[14]
  • Le 26 septembre 2005, le Contrôleur européen de la protection des données donne son avis sur le projet de directive de la commission et sur le projet de décision cadre des quatre Etats membres, et déclare : "La directive aura un impact direct sur la protection de la vie privée des citoyens européens et il est primordial qu'elle respecte leurs droits fondamentaux, consolidés par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme. Une mesure législative qui affaiblirait la protection de ces droits est non seulement inacceptable mais aussi illégale."[15]
  • Le 27 septembre 2005, le Parlement européen adopte une résolution législative[16] qui :
     1. rejette l'initiative de la République française, de l'Irlande, du Royaume de Suède et du Royaume-Uni.
     2. invite la République française, l'Irlande, le Royaume de Suède et le Royaume-Uni à retirer leur initiative.
  • Le 12 octobre 2005 le Conseil, présidé par Charles Clarke, et où la France est représentée par Christian Estrosi et Pascal Clément, annonce que "la décision-cadre, qui est une option à laquelle un grand nombre de délégations sont favorables, restera sur la table."[17]

Face à ce bras de fer euro-législatif entre le premier et le troisième pilier, dans lequel quatre Etats membres dont la France essaient d'imposer des lois en contournant le Parlement européen, ou en exerçant sur lui des contraintes, en particulier en terme de délais, il est légitime de se demander si Nicolas Sarkozy ne cherche pas à instrumentaliser le processus législatif français avec son projet de loi LCT.

Qui plus est, quel que soit le bruit médiatique autour de la LCT, et de sa prétendue urgence, le ministre de l'intérieur ne pourra jamais cacher le fait que les décrets d'application concernant la conservation des données, que ce soit pour la LCEN[18], ou pour la LSQ, n'ont jamais été publiés. Si vraiment la conservation de ces données était nécessaire à la sécurité des français, il va falloir que Nicolas Sarkozy explique aux français pour quelle raison ces décrets n'ont pas été publiés, en particulier depuis la promulgation de son projet de loi LPSI le 18 mars 2003 qui a rendu définitive l'obligation de conservation des données qui n'était qu'une mesure exceptionnelle et temporaire dans la LSQ.

Notes :

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Par Gerald
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Lundi 19 décembre 2005
 

Banlieues : 10 questions


Par Michel Collon, Bruxelles, 14 novembre 2005,

1. La France supprimera-t-elle l'apartheid ?

On assiste à un curieux phénomène : les dirigeants politiques français se précipitent tous à la télé, la bouche en coeur : « Nous vous avons compris, on va faire quelque chose pour vous ! » Tous connaissent les causes du problème et tous savent ce qu'il faut faire.
Mais alors, si vous saviez, pourquoi avez-vous fait tout le contraire depuis trente ans, et surtout dernièrement ? Pourquoi, ces deux dernières années, le gouvernement français a-t-il liquidé son soutien aux initiatives locales ? Qui a supprimé 15% des crédits alloués à la lutte contre l'habitat insalubre dans le budget 2006 ? Qui a remplacé les polices de proximité par des CRS avec leurs humiliations systématiques et arrestations arbitraires dont même Amnesty dénonçait le caractère violent et raciste dans un récent rapport ?

2. Que cachez-vous ?

De deux choses l'une. Ou bien vous, dirigeants, saviez vraiment quelle était la cause des problèmes, à savoir l'injustice sociale, le « pas d'avenir », et pourtant vous n'avez rien fait, alors pourquoi vous ferait-on confiance à partir de maintenant ? Ou bien vous n'avez pas de solution, parce que l'injustice sociale est au coeur de votre système, et que vous ne voulez pas toucher aux privilèges des puissants, et alors pourquoi vous ferait-on confiance à partir de maintenant ?



3. « La violence ne résoud rien » ?

Une fois encore, Messieurs les bourgeois, vous seriez fort aimables d'indiquer aux pauvres quelle méthode de lutte vous leur suggérez puisqu'aucune autre n'a été entendue et que leur situation ne fait que s'aggraver !
Et surtout soyez un peu moins hypocrites ! Par quelle méthode la bourgeoisie française a-t-elle commencé à construire ses immenses fortunes sinon la traite des esclaves, puis le pillage des richesses de l'Afrique ? L'armée française allait-elle apporter des bouquets de fleurs aux Algériens, aux Marocains et autres peuples occupés et massacrés ? Et, aujourd'hui encore, dans quelques néocolonies qui font la fortune des multinationales comme Total et Bouygues, mais la misère des populations locales ?

4. Où est la plus grande violence ?

Quel mot employer pour qualifier un système qui, d'un côté accumule des fortunes colossales en détruisant toujours plus d'emplois, et qui, de l'autre côté, entasse des millions de gens dans des ghettos, logements insalubres, tours dégradées, écoles-parkings, stages bidon, petits boulots sans lendemain, harcèlements policiers « au faciès » ?

 

Chaque année, de plus en plus de gens doivent survivre avec des revenus insuffisants alors que tous les gouvernements ne cessent de baisser les impôts sur les grosses fortunes. Chaque année, des centaines d'êtres humains meurent sur les trottoirs de Paris. Quel mot pour qualifier un système qui ne laisse aucune issue à un jeune : « Je m'en fous d'aller en prison, ma vie est quand même déjà foutue ! » N'est-ce pas ce système lui-même qui est violent ?

5. « On n'est pas aux Etats-Unis, quand même ? »,

disaient nos médias lors du scandale Katrina - Bush. Mais est-ce que nous n'en prenons pas le chemin à toute allure ? Avec la Constitution Européenne et Bolkestein et aussi toutes les mesures appliquées partout en Europe depuis les accords de Lisbonne (2000), n'assiste-on pas à une offensive générale qui rabaisse les salaires, les pensions, les allocations sociales ? Ne sommes-nous pas en train de rattraper Bush et ses 40 millions de gens sous le seuil de pauvreté ?

 

Cette obsession actuelle de faire travailler les vieux plus longtemps, n'est-ce pas la meilleure manière de produire une masse supplémentaire de jeunes chômeurs sans espoir ? Est-il normal que les travailleurs de Shell-Hollande soient obligés de faire grève pour préserver leur droit à la pension alors que les profits de cette multinationale ont explosé (18 milliards de dollars en 2004, et 68% de plus cette année) ? Ne faudrait-il pas, au contraire, réduire radicalement le temps du travail, afin de le partager ? Et le seul obstacle, n'est-ce pas le caractère intouchable des super-profits des grosses sociétés, pudiquement recouverts du joli nom de « compétitivité » ?

6. Des êtres humains à la poubelle ?

Quand les jeunes brûlent des voitures, ils dérangent et on s'en occupe. Quand c'était leur vie qui partait en fumée et en désespoir, quel média en parlait ? Pouvons-nous encore croire au mythe du prétendu « ascenseur social » quand on entend un des plus grands économistes occidentaux déclarer froidement : « Il y a six milliards d'êtres humains sur terre, dont cinq milliards ne pourront jamais être utilisés » ? Ne vivons-nous pas dans un système inhumain ? Les uns sont exploités jusqu'au trognon, les autres sont « jetés » littéralement à la poubelle ? Faut-il baser la société de demain sur les profits des multinationales ou sur les besoins de l'humanité ?

7. Une stratégie pour diviser ?

Bien sûr, brûler la voiture de son voisin de banlieue, c'est tomber dans le panneau du pouvoir. Car ce voisin qui l'utilise pour se rendre au boulot (et se faire exploiter un maximum), ce voisin aussi est victime d'une politique européenne imposée par les multinationales. Tout comme le petit pensionné plongé dans l'insécurité financière lorsque le pouvoir rogne ses moyens d'existence.
Et le pouvoir ne craint-il pas justement que s'unissent les résistances à cette exploitation ? Le racisme n'est-il pas délibérément alimenté en présentant des statistiques gonflées et faussées sur la petite délinquance tandis que celle en col blanc est protégée ? Présenter les musulmans comme dangereux alors qu'il y a des extrémistes partout, criminaliser le port du foulard, n'est-ce pas volontairement occulter la question sociale derrière un faux problème de religion ? Afin de mieux dresser les victimes de l'exploitation les unes contre les autres.

 

Enfermer les plus pauvres dans des ghettos, et dresser autour d'eux un Mur de flics, a été la stratégie la plus géniale pour briser la résistance. Aussi longtemps que les petits Blancs s'en prendront aux petits Noirs ou aux petits Beurs, les grands riches (dont l'argent n'a pas de couleur) pourront dormir sur leurs deux oreilles.
Et le gros problème, c'est que la démagogie de Sarkozy marche bien. Alors que ce gros bourgeois prépare une politique antisociale à la Bush, son discours passe bien chez une majorité de travailleurs en France, mais aussi en Belgique. Nous avons un gros boulot, là !

8. Qu'est-ce que Fachozy est en train de faire passer ?

Bien sûr, hypocritement, ses rivaux tentent de lui faire porter le chapeau et de l'éliminer de la présidentielle. Mais en même temps, ils sont bien contents qu'il fasse leur sale travail. Car chacun sait que le problème social ne fait que commencer, et que la révolte ne disparaîtra pas. D'où l'utilité de « Monsieur Karcher ».

 

Bien avant les émeutes, Fachozy avait préparé des lois liberticides qui nous visent tous et qui vont se mettre en place dans toute l'U.E. : écoutes, espionnage d'Internet, extraditions pour délits politiques, expulsions arbitraires... Après avoir délibérément créé la tension, Fachozy va l'exploiter pour faire passer ces lois anti-démocratiques. Qu'il utilisera aussi contre les mouvements sociaux et syndicaux. Et contre notre liberté d'_expression (n'oublions pas qu'il a fait emprisonner un jeune immigré pour l'avoir « insulté »).

9. Quelles solutions proposent-ils ?

Ceux qui « ont bien compris l'inquiétude des jeunes », assurent qu'ils vont remettre un peu plus de sous pour les banlieues, et y ramener les polices de proximité et assistants sociaux qu'ils venaient de supprimer. Seulement, les flics et les assistants sociaux calmeront peut-être la situation un temps, mais ils ne créeront pas de l'emploi. Pour s'intégrer, il faut un vrai boulot, un vrai revenu.
Mais tant que le système sera basé sur l'intérêt et le profit maximum de quelques uns, comment pourrait-on créer les emplois nécessaires et satisfaire les besoins de la population ? Si nous voulons qu'on cesse de jeter des êtres humains à la poubelle, n'est-il pas temps de remplacer la loi de la jungle par une forme supérieure des relations humaines ? Aujourd'hui, il est parfaitement possible de supprimer la faim dans le monde : cela coûterait moins qu'un quart du budget annuel de l'armée US. Alors ?

10. Les laisser dans leur ghetto ?

Il est trop facile de reprocher aux jeunes des banlieues de n'avoir pas de programme, et de se tromper de cible. Au début de l'existence de la classe ouvrière, les travailleurs surexploités ont commencé par briser les machines, ce qui était tout aussi suicidaire. La vraie question est : d'où pourraient leur venir ces revendications claires, cette analyse des causes de leur malheur ?

 

Qu'a fait le mouvement ouvrier, qu'ont fait les intellectuels progressistes pour surmonter la division entre ces jeunes et les autres couches populaires ? Pour surmonter cette division, il faudra absolument jeter des ponts et communiquer l'expérience des luttes passées. Mais, avant d'être professeur, il faudra d'abord être élève. A l'écoute. Car la « haine » que ces jeunes éprouvent n'est pas un sentiment négatif. C'est l'indignation face à l'injustice. Et ce sentiment a toujours été, à toutes les époques, le point de départ pour résister et pour changer le monde.

Et maintenant ?


Voilà, c'étaient juste quelques questions pour lancer le débat. Vous pouvez réagir en envoyant vos réponses, commentaires, témoignages à : michel.collon@skynet.be Un forum « Banlieues » sera présenté sur  www.michelcollon.info site qui offre aussi d'autres textes et témoignages.
Par Gerald
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