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Sécurité

Mercredi 5 avril 2006

Nota : Michel Chossudovsy est l'auteur du best-seller international "The Globalization of Poverty" (titre français: "La Mondialisation de la pauvreté") qui a été publié en 11 langues. Il est professeur d'économie à l'Université d'Ottawa et directeur du "Center for Research on Globalization" (www.globalresearch.ca). Il collabore également à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier ouvrage est intitulé "America's War on Terrorism" (Global Research, 2005).


« La préparation d'une véritable guerre contre l'Iran, au cours de laquelle il serait fait usage d'ogives nucléaires, est entrée dans sa phase finale. Les partenaires de la coalition, qui comprend les États-Unis, Israël et la Turquie, sont dans un état de préparation avancé. Divers exercices militaires sont effectués depuis le début de 2005. De leur côté, les forces armées iraniennes se sont livrées, en décembre 2005, à d'importantes manoeuvres dans le golfe persique en prévision d'une attaque soutenue par les États-Unis. Depuis le printemps 2005, on assiste à une intense navette diplomatique entre Washington, Tel-Aviv, Ankara et le quartier général de l'OTAN à Bruxelles.

Parmi les derniers événements, il faut mentionner le fait que le directeur de la CIA, Porter Goss, lors d'une mission à Ankara, a demandé au premier ministre turc Recep Erdogan un soutien politique et logistique en vue du bombardement de cibles nucléaires et militaires iraniennes. Goss aurait également demandé que les services secrets turcs collaborent de manière particulière à la préparation et à la supervision de l'opération.

Peu de temps avant son attaque cérébrale, Ariel Sharon avait, quant à lui, donné à l'armée israélienne le feu vert pour commencer les attaques fin mars 2006. Tous les hauts responsables israéliens estimaient alors que la fin mars serait une bonne date pour une attaque militaire contre l'Iran, car c'est à cette date que l'AIEA doit remettre à l'ONU son rapport sur le programme d'énergie nucléaire de l'Iran.

Le projet militaire soutenu par les États-Unis a été approuvé par l'OTAN mais on ne connaît pas encore les modalités de la participation de l'Alliance aux attaques aériennes.

Les différents aspects de l'opération militaire relèvent tous du commandement américain et sont coordonnés par le Pentagone et le quartier général de l'US Strategic Command sur la base aérienne d'Offutt dans le Nebraska. Les opérations annoncées par Israël doivent être menées en étroite collaboration avec le Pentagone. La structure de commandement est centralisée et c'est Washington qui décidera in fine de leur déclenchement.

Des sources militaires américaines ont confirmé que l'attaque de l'Iran impliquera un important déploiement de forces semblable au bombardement «shock and awe» (choc et effroi, choquer pour inspirer le respect) de l'Irak en mars 2003.

Les stratèges militaires pourraient dresser une liste de cibles en fonction des préférences du gouvernement américain, en limitant les attaques aux installations les plus importantes... Ou bien les USA pourraient opter pour un nombre beaucoup plus important de frappes dirigées contre un vaste éventail de cibles.

Consensus en faveur d'une guerre nucléaire

Au sein de l'Union Européenne, aucune personnalité politique ne s'est opposée à la perspective de frappes nucléaires contre l'Iran. Des consultations entre Washington, Paris et Berlin sont en cours. Contrairement à l'invasion de l'Irak, qui fut refusée par la France et l'Allemagne au plan diplomatique, Washington a obtenu un consensus au sein de l'OTAN de même qu'au Conseil de sécurité.

Ce consensus concerne également une guerre nucléaire qui pourrait affecter une grande partie du Proche-Orient et de l'Asie centrale. De plus, un certain nombre de pays arabes limitrophes sont aujourd'hui des partenaires tacites du projet militaire américano-israélien. En novembre 2004, les plus hauts commandants de l'armée israélienne ont rencontré, au quartier général de l'OTAN à Bruxelles, leurs homologues des six pays riverains de la Méditerranée : Égypte, Jordanie, Tunisie, Maroc, Algérie et Mauritanie. Un protocole d'accord entre l'OTAN et Israël a été signé.

Les «frappes chirurgicales» seront présentées à l'opinion mondiale comme un moyen d'empêcher l'Iran de fabriquer des armes nucléaires. On nous dit que ce n'est pas une guerre mais une opération militaire de maintien de la paix qui consistera à bombarder les installations nucléaires iraniennes.

Les mini-nukes sont-elles sans danger pour les populations civiles ?

L'opération militaire prévoit le recours préventif aux armes nucléaires tactiques. Le projet militaire repose sur la doctrine de la guerre nucléaire "préventive" de l'Administration Bush exposée dans la Nuclear Posture Review de 2002.

On a recouru à une large désinformation médiatique afin de dissimuler les conséquences dévastatrices d'une utilisation d'ogives nucléaires contre l'Iran, si bien que le fait que ces "frappes chirurgicales" soient effectuées avec des armes nucléaires ne fait actuellement l'objet d'aucun débat.
Depuis la décision du Sénat américain en 2003, les armes nucléaires tactiques (low-yield mini-nukes = mini-bombes nucléaires de faible puissance) de nouvelle génération sont considérées comme "sans danger pour les populations civiles" parce qu'elles explosent sous terre.

Grâce à une campagne de propagande soutenue par de soi-disant spécialistes du nucléaire, on présente les mini-nukes comme des instruments de paix et non de guerre. On en autorise l'emploi sur les champs de bataille. On prévoit de les utiliser dans la prochaine étape de la guerre américaine "contre le terrorisme" parallèlement aux armes classiques.

L'administration américaine pense que les mini-nukes sont plus efficaces, en tant que moyen de dissuasion, que les armes nucléaires classiques à l'égard des "états voyous" (Iran, Corée du Nord).

Ces armes nucléaires sont présentées comme un moyen de maintenir la paix et d'éviter les dommages collatéraux, alors que la puissance explosive de chaque mini-nuke représente le tiers de celle de la bombe d'Hiroshima, sans compter les retombées radioactives potentielles.

La nouvelle définition de l'ogive nucléaire a estompé la différence entre arme classique et arme nucléaire : Selon Hans Kristensen, du Nuclear Information Project, « l'arme nucléaire cesse d'appartenir à une catégorie à part, celle d'une arme de dernier recours, pour n'être plus qu'un outil parmi d'autres. »

Nous nous trouvons donc à un tournant extraordinairement dangereux de notre histoire, car la communauté internationale a désormais entériné le principe d'une guerre nucléaire au nom de la paix dans le monde.

Pourtant, chaque bombe nucléaire, quelle qu'elle soit, représente un holocauste potentiel: elle peut tuer, détruire des villes, anéantir des peuples entiers.

Unité de commandement pour des attaques sur Terre et dans l'espace

Une attaque préventive avec des armes nucléaires tactiques serait coordonnée par l'US Strategic Command et l'Offutt Air Force Base au Nebraska en collaboration avec des unités de commandement des États-Unis et de la coalition du golfe Persique, de la base militaire de Diego Garcia, d'Israël et de la Turquie.
L'US Strategic Command a pour mandat de superviser un "plan d'attaque global" qui prévoit à la fois l'utilisation d'armes classiques et d'armes nucléaires.

Comble d'ironie : en juin 2005, au début des préparatifs de guerre contre l'Iran, l'US Strategic Command a été défini comme étant "le premier commandement de l'intégration et de la synchronisation des efforts du Ministère de la Défense en vue de la lutte contre les armes de destruction massive" !

Pour accomplir cette tâche, une toute nouvelle unité de commandement a été créée, la Joint Functional Component Command Space and Global Strike (JFCCSGS). Elle a pour mission de superviser le déclenchement d'une attaque nucléaire conformément à la Nuclear Posture Review (NPR) adoptée par le Congrès en 2002. Celle-ci prévoit la possibilité d'une utilisation préventive d'ogives nucléaires non seulement contre les "états voyous" mais contre la Russie et la Chine.

Le 18 novembre 2005, le chargé de communication de l'US Strategic Command a annoncé que la nouvelle unité (le JFCCSGS) remplissait officiellement les conditions nécessaires pour pouvoir se dire opérationnelle. Une semaine avant cette annonce, l'unité achevait un exercice de poste de commandement baptisé "Global Lightning".

«Les performances de l'unité durant l'exercice Global Lightning ont montré qu'elle était prête à réaliser sa mission consistant à prouver ses capacités de frappe intégrée dans le monde et dans l'espace, afin de dissuader les agresseurs et, si l'ordre en est donné, de vaincre l'adversaire au moyen de mesures globales communes visant à appuyer l'US Strategic Command de manière décisive», a-t-il ajouté sans donner de détails sur les "prochaines missions" de cette unité de commandement qui compte environ 250 personnes.

Des spécialistes du nucléaire et des sources gouvernementales ont précisé que l'une de ses principales missions serait de "mettre en oeuvre la stratégie nucléaire visant à attaquer des états voyous avec des armes de destruction massive".

Concept plan (CONPLAN) 8022

Le travail du JFCCSGS est dans un état de préparation avancé en ce qui concerne le déclenchement d'attaques visant l'Iran ou la Corée du Nord. La mise en oeuvre opérationnelle d'une attaque globale est appelée Concept Plan (CONPLAN). Le Concept Plan est décrit comme "un plan concret que la marine et l'armée de l'air traduisent en attaques coordonnées de leurs sous-marins et de leurs bombardiers." Il est également présenté comme "le plan général des scénarios stratégiques préparés qui impliquent l'usage d'armes nucléaires".

La mission du JFCCSGS est de mettre en oeuvre le CONPLAN 8022, dirigé contre l'Iran, c'est-à-dire de déclencher une guerre nucléaire contre l'Iran. Le Commandant en chef des Forces armées, en l'occurrence George W. Bush, chargerait le Secrétaire à la Défense qui, à son tour, chargerait les chefs d'état-major des trois armées de l'activer.

Le rôle d'Israël

Depuis la fin de 2004, Israël stocke des armes classiques et nucléaires "made in USA" en prévision d'une attaque contre l'Iran. Ce stockage, financé par l'aide militaire américaine, était quasi-terminé en juin 2005.

Israël a reçu des États-Unis plusieurs milliers "d'armes intelligentes" pouvant être lancées depuis des avions, dont quelque 500 bombes anti-bunker qui peuvent également être utilisées comme vecteurs de bombes nucléaires tactiques.

La bombe B61-11 est la "version nucléaire" de la BLU 113 classique. Elle peut être lancée à peu près de la même manière que les bombes anti-bunker classiques. En outre, comme on l'a appris à la fin de 2003, des sous-marins Dolphin israéliens équipés de missiles Harpoon américains armés d'ogives nucléaires sont actuellement dirigés vers l'Iran.

Extension de la guerre

L'Iran a confirmé qu'il riposterait s'il était attaqué en lançant des missiles balistiques sur Israël (CNN, février 2005). Ces attaques pourraient aussi viser des installations militaires américaines en Irak et dans le golfe Persique, ce qui conduirait immédiatement à un scénario d'escalade militaire et à une guerre totale.

La participation de la Turquie à l'opération militaire américano-israélienne résulte d'un accord conclu l'année dernière entre Ankara et Tel-Aviv. Plus récemment, Téhéran a renforcé sa défense aérienne en achetant 29 systèmes anti-aériens russes Tor M-1. En octobre dernier, avec la collaboration de Moscou, une fusée russe a placé en orbite un satellite espion, le Sinah-1.
Le Sinah-1 n'est que le premier de plusieurs satellites iraniens qui doivent être mis en orbite par les Russes au cours des prochains mois. Ainsi, l'Iran possédera bientôt un réseau de satellites constituant un système de préalerte en cas d'attaque israélienne, bien qu'il s'agisse là de peu de chose en regard des puissants espions aériens israéliens et américains capables de détecter les moindres mouvements de la barbe des mullahs de Téhéran. De plus, selon le Sunday Times, la Russie a signé à la fin du mois dernier un contrat d'un milliard de dollars portant sur la vente à l'Iran d'un système de défense moderne capable de détruire des missiles guidés et des bombes guidées au laser. Il sera opérationnel au cours des prochains mois.

Guerre terrestre

Bien que le CONPLAN n'envisage pas une guerre terrestre, les bombardements aériens pourraient y mener. Des troupes iraniennes pourraient passer la frontière avec l'Irak et s'opposer aux forces de la coalition en Irak. Des troupes israéliennes et/ou des forces spéciales pourraient entrer au Liban et en Syrie. Actuellement, Israël prévoit d'effectuer des exercices militaires et de déployer des forces spéciales dans les régions montagneuses de Turquie qui jouxtent l'Iran et la Syrie, cela avec la collaboration du gouvernement d'Ankara.

La presse arabe a publié divers articles indiquant qu'Ankara est disposé, du moins en principe, à engager des négociations sur la mise à disposition de ses espaces terrestre et aérien pour des opérations dirigées contre l'Iran.

Conséquences

Les conséquences de tout cela sont effrayantes.

L'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord sont parvenues à un consensus concernant des attaques aériennes au moyen d'armes nucléaires tactiques sans prendre en compte leurs effets dévastateurs. En fait, la "communauté internationale" a tout simplement accepté l'éventualité d'un holocauste nucléaire.

Cette aventure militaire motivée par la recherche du profit est une menace pour l'avenir de l'humanité. Ce qu'il faut dans les mois qui viennent, c'est un grand mouvement, national et international, qui brise la conspiration du silence, qui reconnaisse les dangers, qui mette ce projet de guerre au centre des débats politiques et de l'attention des médias, à tous les niveaux, qui exige des chefs politiques et militaires qu'ils prennent position contre cette guerre nucléaire patronnée par les États-Unis. En dernière analyse, ce qu'il faut, c'est de lourdes sanctions internationales à l'encontre des États-Unis et d'Israël. »

Par Gerald
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Samedi 22 avril 2006

Bientôt la Guerre !

 

A en juger par l'évolution des événements, une guerre entre les Etats-Unis et l'Iran semble, malheureusement, inévitable. Chacun peut avoir un avis différent et continuer à espérer que la situation s'améliorera, mais l'espoir s'estompe devant la logique.

Il est difficile d'interpréter le comportement des Etats-Unis et de l'Iran autrement que comme la préparation psychologique d'une guerre. Les Américains multiplient les déclarations de plus en plus agressives, l'Iran effectue de grandes man�uvres dans le détroit d'Ormuz, en montrant sa puissance militaire à tout le monde. Il est également incontestable que chacune des parties considère son adversaire comme le mal universel et la source principale de danger pour ses valeurs spirituelles, idéologiques et politiques. Tous les appels raisonnables à la paix lancés par la communauté internationale sont totalement méprisés, bien qu'on y prête l'oreille de manière formelle. Cela prouve de nouveau implicitement que, pour les deux parties, la confrontation est une affaire décidée. Pour exister, les deux ont besoin d'une percée qualitative. Malheureusement, les Etats-Unis et l'Iran ont en vue non pas une percée intellectuelle ou morale, mais uniquement militaire.

Après avoir remporté une victoire formelle en Afghanistan (où prévalent toujours la charia et le trafic de drogue, où la démocratie n'existera que sous une forme indigène des siècles durant) et s'étant enlisés en Irak, les Etats-Unis jugent important de confirmer leur rôle de superpuissance. Cependant, des doutes sont déjà apparus et ils se répandent. L'image internationale des Etats-Unis est mauvaise comme jamais, le peuple américain se souvient de plus en plus souvent du Vietnam. Au cours d'un récent référendum dans l'Etat du Wisconsin, sans valeur juridique il est vrai, 61% des participants se sont prononcés pour le retrait immédiat des troupes d'Irak. Il y a néanmoins, comme l'estime la Maison Blanche, des raisons d'attaquer. En tout cas, Washington les considère comme valables. Si le mensonge éhonté sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak a été suffisant pour faire irruption dans ce pays, pourquoi donc, dans le cas de l'Iran, les soupçons sur l'intention de développer des armes nucléaires seraient-ils insuffisants? D'ailleurs, les Iraniens font sans cesse des déclarations provocatrices et profèrent des menaces à l'adresse d'Israël. Pour lancer des opérations militaires, les Américains ont avancé parfois des arguments encore moins convaincants.

Enfin, la lutte contre l'Iran s'inscrit dans la doctrine présentée par George Bush au début de son deuxième mandat présidentiel, doctrine qui vise à "déraciner la tyrannie" dans le monde entier. Le régime des ayatollahs à Téhéran est, pour lui, une tyrannie classique et l'opinion du peuple iranien à ce sujet lui importe peu.

En ce qui concerne l'Iran, il considère les Etats-Unis comme une barrière à surmonter, sans quoi il ne pourrait plus avancer. Pour devenir un pays moderne, l'Iran a besoin de l'énergie nucléaire. En principe, cet objectif peut être atteint par la voie pacifique, légale, mais les ambitions iraniennes vont effectivement, semble-t-il, bien plus loin. Pour acquérir une véritable souveraineté et une influence supplémentaire dans le monde arabe, Téhéran a besoin de la bombe atomique. Pour renforcer les positions de ses leaders spirituels chiites dans le monde islamique, l'Iran doit être indestructible et avoir les positions fermes d'un leader au Proche-Orient. C'est alors seulement que pourrait exister une chance (théorique) que d'autres pays islamiques le suivent. Mais les Etats-Unis l'empêchent d'atteindre cet objectif.

On peut citer d'autres arguments prouvant qu'une confrontation est inévitable, mais, à mon avis, les arguments avancés sont suffisants. Dans ce contexte, tous les efforts déployés par l'ONU, l'Europe occidentale, l'AIEA et la Russie qui a maintes fois mis en garde contre le danger d'une nouvelle aventure américaine ne suffisent malheureusement pas pour prévenir la confrontation, dont les conséquences seront amères, et pas seulement pour ses participants directs. Au cours de son récent séjour à Berlin, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a répété une fois de plus: "Nous n'estimons pas que les menaces et la pression puissent donner de résultat positif". Mais il est peu probable que ses recommandations soient accueillies comme il se doit à la Maison Blanche.

Il en découle une question fatale: quand? A mon avis, le délai peut être déterminé approximativement. Tout d'abord, cela peut arriver avant la fin de cette année. Ce délai maximal est déterminé par le calendrier politique électoral des Etats-Unis et les perspectives du parti conservateur auxquelles, naturellement, la Maison Blanche n'est pas indifférente. Quant à Bush-fils, il ne voudrait pas rester dans l'histoire comme un "looser". Pour gagner la course présidentielle, les conservateurs ont besoin non seulement d'une guerre, mais aussi de succès spectaculaires, surtout en toile de fond des revers essuyés en Irak. Et tout cela prend du temps.

D'autre part, les délais minimaux sont déterminés par toute une série de circonstances d'ordre aussi bien militaire que politique. Cette fois il est vrai, il s'agit du facteur politique extérieur.

En ce qui concerne l'aspect militaire, n'étant pas un expert en la matière, je ne peux que supposer ce qui est évident. Premièrement, toute guerre nécessite une préparation. Deuxièmement, les Etats-Unis doivent assurer leurs arrières en Afghanistan et en Irak, en bénéficiant de l'aide de leurs alliés.

Quant à la politique étrangère, on peut supposer que les ennuis auxquels se sont heurtés les Etats-Unis en occupant l'Irak sans mandat de l'ONU seront minimisés par Washington autant que possible. Autrement dit, Washington s'efforcera de s'attirer, dans le problème iranien, le soutien de l'Europe occidentale et, bien entendu, de Moscou et Pékin, membres permanents du Conseil de sécurité. L'objectif immédiat des Américains est d'obtenir des sanctions - n'importe lesquelles - contre l'Iran, ce qui signifiera automatiquement, pour Washington, que la justice est de son côté.

Ce n'est qu'après avoir épuisé toutes les possibilités dans ce domaine et essuyé un échec que les Etats-Unis se décideront à agir en contournant le droit international. Les critiques ne manqueront pas, mais, cette fois, la Maison Blanche aura la possibilité formelle de dire: nous avons fait tout notre possible en vue de parvenir à une entente.

Ces man�uvres demandent aussi du temps, ce qui suggère un délai approximatif: l'automne.

On verra si ce pronostic est réaliste ou virtuel.

Par Gerald
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